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Kamil Benjelloun, Président de CBI : « L’Homme doit aujourd’hui apprendre à respecter la Nature

Kamil Benjelloun, Président de CBI : « L’Homme doit aujourd’hui apprendre à respecter la Nature
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La Nouvelle Tribune :
Le changement climatique est au cœur de l’actualité marocaine de ces dernières semaines, est-ce suffisant ? Quelles seraient, selon vous, les priorités auxquelles il faudrait s’attaquer pour faire face à ce défi ?

M. Kamil Benjelloun :
Nous parlons de changement climatique, de COP22 mais l’ensemble des programmes que je connais s’intéressent plutôt aux effets du changement climatique sans aborder la cause essentielle, fondamentale : la rupture de l’harmonie, le divorce entre la Nature et l’Homme.

L’Homme est un produit complet de la Nature et il doit avant tout en prendre conscience. L’Homme a essayé de dompter la Nature à travers la science, l’économie, mais il doit aujourd’hui apprendre à respecter la Nature et se sentir comme faisant partie intégrante de celle-ci. Pour que cela se réalise, il faut tout reprendre à la base, en commençant par l’éducation. Baser le nouveau système éducatif sur les concepts de la Nature, son respect, ses produits, permettrait sans aucun doute d’avoir une meilleure communion entre l’Homme et la Nature et de produire une alternative au système éducatif actuel.

Il s’agit aussi de sensibiliser M. Lambda à travers la mobilisation de tous les acteurs associatifs, qu’elle que soit leur mission initiale. La Nature étant universelle, toutes devrait ajouter de manière impérative la dimension environnementale à leurs champs d’intervention.

Par exemple, au Maroc, l’INDH est un excellent outil pour jouer ce rôle de sensibilisation du grand public. Les textes législatifs doivent également suivre cette tendance, bien qu’ils ne soient pas suffisants, ils sont nécessaires à l’encadrement des actions sur le terrain.

Les Marocains sont-ils capables d’adresser ces défis ? Comment les accompagner dans ce processus de prise de conscience ?

Le Marocain peut tout à fait comprendre la Nature parce que tout simplement sa culture de base en est fortement imprégnée. Les systèmes géométriques du Zellige marocain sont calqués sur les structures de la Nature, à l’image du flocon de neige dont la composition est naturellement et parfaitement symétrique alors qu’il est issu du chaos. Toute notre culture marocaine est fondée sur cela, sur la Nature et nous sommes en train de le perdre tant nous sommes distraits par le rythme effréné de notre quotidien. Les Marocains se sont beaucoup soignés à travers les siècles par la médecine traditionnelle à l’image de la médecine traditionnelle chinoise, et il faudrait également relancer cette notion auprès d’eux.

Il faut donc que la conscience de la Nature soit développée, sans quoi toutes les réunions du monde, quel qu’en soit le niveau, ne permettront pas de solutionner le défi auquel nous faisons face. C’est la suivie de l’Humanité qui est en jeu et nous devons en prendre pleinement conscience. Le gaspillage alimentaire au Maroc est un autre exemple de cette déconnexion des Marocains des enjeux de protection de la Nature, tout comme l’incivisme lié aux déchets.

A cet égard, l’opération « Zero Mika » est louable parce qu’elle constitue une forme d’accélérateur de la prise de conscience et il faut sanctionner ceux qui ne respectent pas cette loi, sinon elle n’aura servi à rien. En réalité, tout ce qui contribue à la protection de la Nature, par définition, contribue à la protection de l’Homme, et de nos enfants. Nous transmettons de génération en génération, la continuité de la Vie, et notre responsabilité est mise en cause par le dérèglement climatique puisque nous mettons en danger cette transmission.

La gravité de la situation dépasse les forums, les conventions, d’où l’importance de se focaliser sur l’individu à toutes les strates pour faire avancer les choses. Sinon, les accords sur le Climat, malgré l’adhésion des Etats et des gouvernants, ne prendront pas l’ampleur nécessaire au changement de la donne. De ce fait, l’action des Etats est une condition nécessaire, mais non suffisante.

Quel rôle les entreprises jouent-elles dans ces nouveaux paradigmes ?

Pour les entreprises aussi, il y a une prise de conscience récente. Elles réalisent qu’avoir une politique qui respecte la nature peut être rentable pour l’entreprise. D’une part, en revoyant ses process, l’entreprise se régénère et d’autre part, il y a des gains d’optimisation et de productivité certains.

Les mutations économiques sont tellement fortes de nos jours que les entreprises qui ne s’arriment pas à cette tendance et se contentent des acquis du passé, sont vouées à disparaitre, purement et simplement. Dans cette recherche de renouveau, inclure la nature permet d’optimiser l’utilisation des matériaux, des matières premières, de l’énergie, des ressources naturelles…

Par exemple, pour ne plus dépendre des ressources, nous allons développer et trouver des alternatives durables. Les entreprises ont donc tout intérêt à inclure ces raisonnements d’autant plus qu’il est désormais prouvé qu’il s’agit d’une source de développement et de renouveau pour elles.

Le Maroc est à la croisée des chemins, beaucoup de chantiers sont en cours, l’action politique vous parait-elle suffisante ?

Pour cela, il faudrait que l’action politique soit plus sincère, plus concrète et surtout, plus courageuse. Aujourd’hui, nous avons le sentiment que nos politiques sont inconscients et qu’ils sont tellement dans la « politique politicienne » qu’ils sont déconnectés des réalités de la Vie.

Dans ce sens, j’aurais aimé créer une Association de la Terre, parce que le Maroc est fortement exposé aux problèmes climatiques. Notre climat semi-aride est en train de tendre rapidement vers l’aridité et la déforestation est grandissante. Par exemple, certains projets immobiliers ou touristiques que nous construisons sont en danger, tout comme certaines villes côtières, menacés par la montée du niveau de la mer malgré les milliards investis.

L’agriculture également ne doit pas seulement être abordée sous l’angle du soutien à la production, mais aussi, de l’adéquation avec les impératifs de protection des terres agricoles, de la question de l’aridité ou de la régénération de l’eau, de la qualité des produits…

Pour l’eau par exemple, nous perdons d’énormes quantités qui se déversent dans la mer et nos barrages, de plus en plus envasés, ne retiennent plus l’eau. Tous ces problèmes sont lourds et il faut une volonté politique forte pour s’y attaquer. Mais, l’éducation reste une priorité parce qu’elle préparera les nouvelles générations en transformant les individus. Même la religion peut être mise à contribution. Tout comme les mosquées ont été utilisées pour inciter les citoyens à voter, elles pourraient aussi véhiculer la nécessité de la protection de la Nature comme principe inhérent à la foi.

Toutes nos stratégies de développement doivent suivre cette tendance durable, construire des villes plus en retrait, trouver des stratégies pour économiser l’eau, protéger le littoral… Nous pourrions même implémenter une belle idée qui consisterait à planter un arbre pour chaque naissance, ce qui en quelques années pourrait avoir un impact réel sur la climatologie du pays, mais aussi sur l’individu, qui se verrait impliqué dans cette démarche.

En somme, ce sont les valeurs humaines qui doivent être retrouvées, nous devons nous développer, mais sans oublier nos racines.

Propos recueillis par Zouhair Yata

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