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M. Jebroun décrié par les siens : Quand des islamistes ne tolèrent pas la divergence d’opinions

M. Jebroun décrié par les siens : Quand des islamistes ne tolèrent pas la divergence d’opinions
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Le débat politique est fortement personnalisé et la haine et le refus de l’autre mènent immanquablement à la confrontation et à la guerre. Ce discours semble avoir irrité à plus d’un titre la direction du PJD.

M’hammed Jebroun est un professeur universitaire, chercheur reconnu en histoire des idées politiques. Il est lauréat du Prix du Maroc du livre en 2016, dans la catégorie sciences humaines pour son ouvrage «L’émergence de la pensée politique islamique et son développement». M. Jebroun est également un cadre actif du MUR et membre notoire du PJD. Il est aujourd’hui la cible d’une campagne de critique et de dénigrement menée presque exclusivement par les siens. Son tort est d’avoir appelé à un dialogue serein et civilisé entre les acteurs politiques, et plus particulièrement entre le PJD et le PAM. M. Jebroun affirme, en substance, que les déclarations de la direction du parti concernant le «tahakkoum» (velléité de contrôle politique, inféodation) et la radicalisation de ce processus d’affrontement, ne contribuent pas à l’instauration d’un climat politique serein où sont confrontées les idées dans le cadre de la diversité.

Le débat politique est fortement personnalisé et la haine et le refus de l’autre mènent immanquablement à la confrontation et à la guerre. Ce discours semble avoir irrité à plus d’un titre la direction du PJD. Aussi la première salve de critiques est-elle venue justement du premier cercle de la direction du parti. On a ainsi qualifié, dans un premier temps, ses propos de «hors contexte» et de «déplacés». On a considéré ensuite ses propos comme entachés d’«erreurs méthodologiques».

D’autres dirigeants comme Mohamed Yatime sont même allés jusqu’à considérer son approche comme «dangereuse». «Il paraît que notre frère Jebroun n’est pas au fait de ce qui est écrit dans les documents du parti à ce propos, ou peut-être son esprit académique n’a pas pu en saisir la portée», a notamment écrit Yatime dans une tribune publiée sur le site du PJD. C’était suffisant pour ouvrir la voie aux «milices électroniques» pour s’en prendre ouvertement à ce cadre du parti.

Cependant, ce ne sont vraiment pas les idées du chercheur qui dérangent tellement la direction et les bases du parti et de son bras idéologique, le MUR. C’est surtout le fait qu’Ilyas El Omari, SG du PAM, réagisse positivement à ses propos que le parti et le mouvement n’ont pas toléré. Jebroun s’est dit choqué, «en suivant les réactions déplacées des activistes et des militants, dont certains dirigeants, du PJD et du MUR en colère, non pas à propos de mon interview mais parce que le SG du PAM y a réagi favorablement». «J’ai été sidéré, ajoute-t-il, devant l’ampleur de l’intolérance et de la haine qu’éprouvent les enfants de cette tendance islamiste envers le PAM et ses symboles». Cette intolérance, affirme-t-il, fait que les militants du PJD et du MUR «soient plus disposés à la confrontation et à la guerre qu’au dialogue». Cette haine, regrette ce cadre du MUR, «reflète une profonde crise éducationnelle et politique» au sein du mouvement. Ce comportement nous renseigne également «sur l’ampleur de la distance qui nous sépare du minimum du commun nécessaire à la construction d’une nation». Cette dernière sortie lui a tout simplement valu un appel en règle à l’excommunication. C’est ainsi que le cadre et penseur du MUR a été invité à quitter le mouvement par des jeunes aux réactions un peu trop virulentes comme Hassan Hamourou. «J’invite Jebroun à faire preuve d’un peu d’audace et de courage en quittant le PJD», écrit-il dans l’un de ses statuts sur Facebook. Il ne reste plus devant Jebroun, ajoute-t-il, «qu’à quitter le parti ou d’annoncer un mouvement de réforme, s’il en a le courage».

Dépité, l’intéressé n’a eu de recours que de constater amèrement que, parmi les multiples réactions à ses idées, ce sont celles émanant de ses frères cadres et militants du PJD et du MUR qui ont été les plus assassines.

«Les autres ont certes réagi à mes propos, mais en politesse et dans le respect, mais ce sont les membres du PJD et du MUR qui ont le plus discrédité mes efforts académiques et dénigré ma position intellectuelle. Les pires insultes, les accusations de trahison et de complot et la mise en cause de mon intégrité financière émanent justement des dirigeants et cadres du PJD et du MUR», regrette-t-il.

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