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Benkirane 3 ? Avec le temps, va…

Benkirane 3 ? Avec le temps, va…
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par Fahd YATA |

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Les jours se suivent et se ressemblent sur notre scène politique nationale, ennuyeux et mornes, comme cette plaine de Waterloo, qui accueillit la défaite de Napoléon Bonaparte face aux forces d’une grande coalition composée de l’Autriche, la Prusse, l’Angleterre et la Russie… en 1815.

Pour Abdelilah Benkirane, l’image est quasiment identique, valable parce qu’il attend désespérément son Grouchy (le général français qui devait apporter des renforts à Napoléon) alors que ce fut Blücher, à la tête des troupes prussiennes, qui arriva sur le champ de bataille.

Oui, le « général » du PJD, pressenti depuis le 10 octobre dernier pour former un gouvernement, conformément aux dispositions constitutionnelles, en est encore, après quasiment deux mois de contacts largement stériles, à espérer un Grouchy marocain, quand se pressent autour de lui, les Blücher de la défaite…

Combien de divisions, camarade ?

Oui, bien sûr, le camarade Nabil est à ses côtés, mais que pèse-t-il sinon à peine un peu plus que les divisions blindées du Vatican, raillées en leur temps par Staline devant Churchill qui excipait de l’appui du Pape PIE XII à la coalition des Alliés alors que le dirigeant soviétique réclamait l’ouverture d’un second front contre Hitler et les armées nazies.

Oui, bien évidemment, le frère Hamid est avec lui, mais que vaut un tel homme qui a gardé de son passé de réparateur de bicyclettes que les postures et principes politiques peuvent, à l’image de la roue, tourner de 360 degrés ?

Oui, certainement, il peut, moyennant quelques postes bien flamboyants, s’assurer de la participation d’un poids lourd (intuitu personae), le frère à la Rose, mais c’est plutôt Benkirane qui ferait une fleur à Lachgar si, par nécessité absolue, le PJD devait compter sur l’apport des 20 élus de l’USFP pour arriver à dépasser le fatidique chiffre de 198…
C’est une bien maigre troupe qui se présente donc à l’heure actuelle pour participer à l’équipée du chef du gouvernement en gestation, malgré les 125 représentants gagnés sur le terrain électoral le 7 octobre dernier.

Alors, pour que sa victoire ne se transforme pas en désastre, afin d’éviter une Bérézina qui fut fatale à Bonaparte lorsqu’il fuyait la Russie transformée par le général Koutouzov en un immense champ de cendres, et pour ne pas entrer dans l’Histoire en tant que Pyrrhus marocain, Abdelilah Benkirane, telle Sœur Anne, scrute l’horizon, dans l’attente de l’arrivée de son sauveur.

J’attendrai, la nuit et le jour, ton retour…

Car le vainqueur du 7 octobre espère fortement que se présentera à lui, tôt ou tard, (mais actuellement on est plutôt dans la seconde configuration !), le preux chevalier qui viendra conforter sa majorité, assurer la stabilité de son équipe, apporter les compétences technocratiques qui font tant défaut aux frères plus souvent versés dans la théologie, l’enseignement primaire et secondaire, les sciences juridiques et la médecine que les cours de Centrale, HEC, les Mines ou Polytechnique…

Mais, si Benkirane a la maîtrise de la langue, celle de la formule lapidaire, mais aussi la faculté d’exprimer tous les sentiments que peut ressentir un homme politique en situation d’orateur devant des foules déjà acquises, il n’a pas celle du temps, des calendriers, des engagements stratégiques, des grandes offensives diplomatiques, des alliances extranationales et des destinées du Royaume…

Voilà pourquoi il se morfond dans sa demeure de Rabat, accroché au téléphone, à questionner le standard de l’aéroport Mohammed V pour connaître les heures d’arrivée et de départ des vols vers l’Afrique…

Car celui qui se fait désirer et dont Benkirane se languit tant, est depuis plusieurs semaines, de tous les voyages et déplacements royaux au Sud du Sahara.

Comment négocier, discuter, rencontrer même aussi souvent que nécessaire pour parvenir à un accord, un homme qui se trouve par monts et par vaux, au-delà des frontières, et qui, rentré au pays, s’empresse d’en repartir au nom d’impératifs que le reclus de Rabat ne maîtrise pas et ne maîtrisera jamais ?

Comment arriver à convaincre Ssi Aziz, lorsque celui-ci possède à merveille l’art de la négociation, un atout des vrais businessmen, autrement rompus à la négociation que Ssi Abdelilah qui n’a pour tout bagage d’homme d’affaires que sa modeste expérience de gérant d’une petite PME ?

Le temps, car c’est là l’élément central de toute cette crise qui se déroule sous les yeux de l’opinion publique nationale, n’a pas la même valeur pour l’un et l’autre.

Ô temps, suspend ton vol !

Abdelilah Benkirane est pressé de conclure pour prouver à tous qu’il a su exploiter au mieux et au plus vite la victoire obtenue par les urnes.

Le leader du PJD, mieux que quiconque, perçoit parfaitement qu’une trop grande latence entre les élections et la constitution de son gouvernement réduirait fortement la portée de son relatif triomphe électoral et permettrait à certains de douter de sa capacité à maîtriser ultérieurement une équipe gouvernementale plurielle.

Et que ses alliés, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui, piaffent d’impatience devant la perspective de grimper dans son attelage n’est pas vraiment pour lui faire plaisir car numériquement et politiquement parlant, leur apport n’est pas décisif.

A l’opposé, le nouveau président du RNI n’est pas dans le même état d’esprit et il l’a montré de façon explicite. Ainsi, alors que le secrétaire général du PJD se gaussait devant ses troupes du parti de la Colombe et de sa faiblesse, au début du mois de novembre, Akhannouch lui rétorquait vertement qu’il pouvait, s’il le désirait, constituer son gouvernement sans le RNI…

Et, durant tout le mois qui vient de se terminer, le ministre sortant de l’Agriculture fut fort occupé, entre sa présence à la COP, sa participation aux visites royales en Afrique, ses week-ends passés à rencontrer les militants dans les régions et ses activités ministérielles officielles.

Au point où le chef du gouvernement en gestation n’a eu droit qu’à une rencontre furtive en début de semaine, improductive selon différentes sources, avant que Ssi Aziz ne reparte en direction de l’Afrique profonde.

Car, comme tous ont fini par le comprendre dans notre Landerneau médiatique, M. Akhannouch, contrairement à MM. Benabdallah, Chabat, Lachgar et consorts, n’est pas demandeur et, de surcroît, présente des conditions pour la participation du RNI !

Voilà pourquoi le TEMPS n’a pas la même mesure pour l’un et l’autre hommes. Voilà pourquoi, Ssi Abdelilah, contrairement aux assurances distillées çà et là par ses affidés, devra encore ronger son frein, sous peine de prendre le mors aux dents, ce qui, on en conviendra, n’est pas ce qui pourrait arriver de mieux au postillon du prochain attelage gouvernemental…

Fahd YATA

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