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Khalid Jamaï explique dans une lettre ouverte pourquoi il a souvent interpellé le roi du Maroc...

Khalid Jamaï explique dans une lettre ouverte pourquoi il a souvent interpellé le roi du Maroc...
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Après la récente sortie médiatique du cinéaste Nabil Lahlou sur le pouvoir du Makhzen, c’est un vétéran de la presse marocaine, Khalid Jamaï qui intervient à son tour sur la délicate thématique des « prérogatives » du roi Mohammed VI.

Dans une lettre ouverte adressée à son ami « El Mokri Khrichfa, le sexagénaire Jamaï veut bousculer les « tabous » en marchant sur des sables mouvants tout en abordant publiquement « pourquoi » il s’adresse souvent et directement au roi pour l’interpeller sur diverses questions…

Voici la traduction du contenu de cette lettre, publiée mardi 29 novembre 2016, par le site arabophone Hespress :

« Le fait que je m’adresse personnellement au roi émane de mon analyse du régime de gouvernement de notre pays », écrit El Jamaï, qui précise qu’au Maroc « la monarchie est exécutive avec un roi qui règne, gouverne et tranche par ses décisions dans les questions concernant les citoyens. Un roi qui n’est pas soumis à la séparation des pouvoirs, qui dispose d’une grande part de pouvoirs exécutif, législatif et juridique. » Ceci se manifeste clairement, selon El Jamaï, dans la constitution ; le roi prend toutes les décisions stratégiques dans tous les domaines, des décisions qui déterminent « mon avenir, celui de mes enfants et de mes petits-enfants ».

En outre, ajoute-t-il, « la constitution marocaine stipule que la responsabilité doit être liée à la reddition des comptes, et comme la constitution ne fait aucune mention que le roi ne pourra être interpelé sur sa responsabilité, sachant que la règle juridique souligne que ‘ce qui n’est pas interdit clairement par un texte est autorisé », par conséquent, « j’ai le droit, et il est du droit de tout citoyen, de demander des comptes, de s’adresser et de discuter des décisions du roi…il n’y a rien dans cela qui soit contraire à la loi et à la constitution ».

Toutefois, selon l’auteur de la lettre, « certains ferment les yeux sur la loi en prétendant qu’il n’est pas permis de demander des comptes au roi » car il est « l’ombre de Dieu sur terre et son représentant et qu’il tire son pouvoir et son autorité de Dieu d’où le devoir de lui obéir », et ce en recourant au texte coranique : « Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement » (Sourate Anissa, verset 59).

Ces derniers, dit-il, « oublient que l’obéissance ne peut être absolue lorsqu’il y a un dépassement ou une injustice ». El Jamaï estime que même le prophète Mohammed, qui est l’envoyé de Dieu, n’a jamais été décrit comme étant le représentant du créateur.
Après la mort du prophète, rappelle-t-il encore, Abu Bakr a réprimandé un musulman qui s’était adressé à lui en l’appelant « Ô représentant de Dieu ».

Dans le même sens, « certains me reprochent de ne pas m’adresser à Benkirane qui est le chef du gouvernement et qui dispose de prérogatives exécutives et législatives garanties par la constitution. Ma réponse est comment pourrais-je m’adresser à Benkirane et attendre quelque chose de sa part alors qu’il affirme constamment : moi, j’exécute les décisions prises par Sidna (le roi), c’est lui qui décide et moi je suis simplement un exécutant », écrit El Jamaï.

« En disant cela, Benkirane reconnaît qu’il n’est qu’un haut fonctionnaire et que lui et les dirigeants de son parti sont parvenus au gouvernement mais pas au pouvoir, et partant il plus judicieux pour le citoyen de s’adresser au détenteur du véritable pouvoir qui est le roi. Benkirane ne dispose d’aucune autorité qui lui permet de servir le citoyen, comme le dit l’adage : il vaut mieux s’adresser à dieu qu’à ses saints ».

Pour Khaled El Jamaï, « le roi détient sa légitimité du peuple, qui chaque année, lui prête serment, et non pas de Dieu, en plus de la constitution votée par le peuple. »

« Le roi est également lié par un autre contrat, à savoir, qu’il est rémunéré par l’argent du peuple à travers les impôts payés à l’Etat et ce en tant que serviteur du peuple et c’est ce que rappelle le souverain dans chacun de ses discours. »
El Jamaï se réfère par ailleurs, à plusieurs sourates coraniques et exemples à travers l’histoire des musulmans pour « justifier » l’interpellation du commandeur des croyants.

« Est-ce que Abu Bakr n’a pas demandé aux musulmans de l’interpeller ? » quand il a appelé les musulmans à l’aider lorsqu’ils jugent qu’il a bien fait et de corriger ses erreurs dans le cas contraire, souligne encore El Jamaï.

Et de conclure : « Nous avons vu des citoyens et des citoyennes s’adresser au roi sur des questions sensibles et épineuses » avec audace et franchise, publiquement, et le roi accueillant avec bienveillance ce qu’ils disent sans qu’ils soient inquiétés parce qu’ils se sont adressés directement au souverain.

« Par contre, on n’a jamais vu un seul leader politique parler au roi avec la même audace et la même franchise. « Et c’est là, l’un des drames de ce pays malchanceux avec sa classe politique ».

Article19.ma

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