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Bon cru pour l’industrie des OPCVM en 2016 – Lavieeco

Bon cru pour l’industrie des OPCVM en 2016 – Lavieeco
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Bon cru pour l’industrie des OPCVM en 2016

Les souscriptions sont en hausse et les performances sont au rendez-vous pour les fonds Actions, Diversifiés et Obligations moyen et long terme. Les investisseurs se détournent des OPCVM monétaires et obligations court terme, devenus moins rémunérateurs.La tendance devrait se poursuivre en 2017.

L’industrie de la gestion collective se porte bien cette année. L’encours global des OPCVM arrêté à la mi-novembre atteint 355,8 milliards de DH, enregistrant ainsi une performance de 8% depuis le début de l’année. Cette évolution s’explique par un double effet souscriptions/performance. En effet, les volumes de souscription ont augmenté de 10% sur une année glissante, à 622,2 milliards de DH au 11 novembre 2016. En même temps, le volume des rachats a augmenté de 9,4%, à 612,4 milliards de DH. D’où une collecte nette d’environ 10 milliards de DH, montant venu renforcer l’actif sous gestion. Cette dynamique traduit l’engouement des investisseurs pour le marché des OPCVM. Il faut dire que cette catégorie d’actifs a bien profité, cette année, d’une conjoncture favorable aussi bien sur le marché des taux que sur le marché actions.

En effet, la détente de la pression sur les liquidités sur le marché monétaire, couplée à l’abaissement par Bank Al-Maghrib de son taux directeur de 25 points de base à 2,25%, a mécaniquement réduit le niveau des taux sur le marché. Ce même facteur, conjugué à l’aisance financière du Trésor, a favorisé une détente historique des taux obligataires, tendance profitable aux OPCVM investis dans les produits de taux. Pour sa part, le marché boursier (+19% au 22 novembre) a également tiré profit de l’amélioration des conditions de liquidité bancaire mais il a surtout été porté par le regain de confiance des investisseurs sur fond de redressement des résultats des sociétés cotées.

Notons toutefois que la hausse de l’encours global a été plombée par la contre-performance de certains fonds exposés à la Samir. «Les OPCVM de la place ont provisionné la valeur et ramené leurs positions à zéro», affirme un professionnel du marché. En outre, cette progression intègre des évolutions mitigées selon la classe d’actifs. Majd Guebbas, directeur relation investisseurs de BMCE Capital Gestion,  affirme que «l’évolution des encours par classe d’actifs en 2016 reflète l’arbitrage effectué par les investisseurs qui ont plébiscité les actifs risqués en 2016 aux dépens des OPCVM Monétaires et Obligations court terme. Cette situation est également inhérente à un certain tarissement des placements des excédents de trésorerie des entreprises dans un contexte de rallongement des délais de paiement».

Jusqu’à 32% de performance pour les fonds actions

En détail, l’encours des fonds actions s’est apprécié de 13,6%, à 23,2 milliards de DH. En plus de la hausse des souscriptions, cette progression résulte des performances réalisées par les différents OPCVM de la place. Ainsi, hormis la contre-performance d’un seul fonds, les 66 autres ont marqué des hausses de leur valeur liquidative allant de 9,9% à 32,72%. L’indice de performance de cette classe d’actifs affiche donc une progression de plus de 19%. 

L’encours des OPCVM diversifiés a, pour sa part, crû de 32,9%, à 17 milliards de DH, ce qui traduit l’attrait de certains investisseurs pour cette catégorie qui combine performance des actions et sécurité des obligations. En effet, l’indice de performance de ces fonds affiche une hausse de 8,6%, sachant que sur les 49 véhicules constituant la catégorie, 43 ont réalisé des performances annuelles variant de 1,38% à 17,96%.

De leur côté, les OPCVM obligations moyen long terme, qui constituent le gros du marché, ont marqué une hausse d’encours de 15,6%, à 201,7 milliards de DH. Malgré la faiblesse des interventions du Trésor sur le marché, les investisseurs se ruent de plus en plus sur cette catégorie de fonds au vu des performances. En effet, 77 fonds sur 80 ont réalisé des performances oscillant entre 0,12% et 14,93%. Leur indice de performance affiche, lui, une hausse de 4,66%.

M. Guebbas affirme que «les OPCVM obligations moyen long terme, actions et diversifiés affichent des performances en nette progression en 2016 par rapport à 2015. Ils reflètent le contexte favorable du marché financier avec une progression remarquable de près de 20% du marché actions et une baisse moyenne de près de 30 points de base sur l’ensemble de la courbe des taux».

En face, les OPCVM obligations court terme et monétaires ont vu leur performance moyenne stagner voire reculer avec la baisse du niveau de rémunération des produits monétaires.

Ainsi, l’encours global des premiers a accusé un recul de 6,74%, à 45 milliards de DH, plombé par la contre-performance de quelques fonds, dont la plus conséquente est de 29,4%. Les autres fonds OCT ont réalisé des gains entre 1,5% et 5,6%. L’indice de performance de cette classe d’actif est en hausse de 2,53%. De même, l’encours des fonds monétaires s’inscrit en repli de 8% à 66,6 milliards de DH. Une évolution qui intègre la hausse de l’encours de 47 fonds sur 53 ayant réalisé des gains de 1,3% à 6,58%. Toutefois, l’indice de performance de ces fonds limite sa hausse à 1,93%.

Moins de souscriptions depuis juin

S’agissant des perspectives, le marché devrait être plus calme d’ici la fin de l’année. Un professionnel affirme qu’«il n’y aura pas de surprise, le marché a assisté à une phase d’euphorie en début d’année, marquée par des souscriptions plus élevées que les rachats au 1er semestre, suivie d’une phase de correction, entre fin juin et fin septembre. Depuis, il y a eu pas mal de sorties». Aussi, le niveau de liquidité sur le marché est actuellement moins important qu’au 1er semestre, depuis que la Banque centrale a décidé de revoir à la hausse le taux de réserve monétaire, qu’elle a fait passer de 2% à 4%, afin d’éponger l’excédent de cash sur le marché. 

Les taux d’intérêt devraient pour leur part se maintenir stables, selon quelques professionnels du marché. «Si la baisse continue, cela ne fera le bonheur de personne», affirme Mohamed Mariane, directeur de gestion chez Marogest, avant d’ajouter : «Car même si la baisse des taux d’intérêt est synonyme de plus-value, elle implique également une rémunération très faible de l’épargne».

Pour sa part, M. Guebbas nous confie qu’en 2017 «la croissance de l’encours des OPCVM devrait évoluer en fonction de l’amélioration de la situation de liquidité, des perspectives sur les marchés taux et actions et des mouvements d’externalisation des actifs détenus par les investisseurs institutionnels». Dans cette optique, BMCE Capital Gestion anticipe une stabilité des encours des OPCVM monétaires et obligations court terme et une poursuite de la progression des OPCVM obligations moyen long terme, diversifiés et actions. En effet,  l’augmentation des encours des OPCVM obligations moyen long terme serait le fait d’investisseurs institutionnels, les personnes physiques devraient davantage plébisciter les OPCVM diversifiés voire Actions dans le sillage de l’embellie constatée sur la Bourse de Casablanca en 2016.

Vers la mi-novembre, le nombre des porteurs de parts et d’actions d’OPCVM s’est élevé à 18 256 personnes, contre 18 234 à la même période de l’année dernière. Par catégorie d’actif, 41,5% investissent dans les obligations moyen et long terme, 26% dans les fonds monétaires, 14% dans les obligations court terme et 11% dans les fonds actions. Par catégorie de détenteurs de parts, les personnes physiques résidentes continuent de représenter l’essentiel, avec 13 217 investisseurs (72,4%). En détail, 41% de cette catégorie investit dans les obligations moyen long terme (stable par rapport à 2015), 21% dans les fonds monétaires (contre 19% l’année dernière) et 13% dans les obligations court terme, soit le même niveau que l’année dernière. Pour leur part, les fonds actions attirent 12% des porteurs (contre 14% en 2015). Loin derrière, les personnes morales résidentes représentent 20% de l’ensemble des détenteurs, dont 51% investissent dans les fonds monétaires et 17% dans les obligations moyen et long terme, soit le même niveau que l’année dernière.

La ventilation de l’actif net total des OPCVM par catégorie de valeurs fait ressortir un poids de 79% pour les valeurs non cotées, soit un montant de 291,9 milliards de DH, contre 7% pour les valeurs cotées (25,9 milliards), le reste étant constitué de divers autres actifs. Parmi les valeurs cotées, le gros est constitué d’actions avec une part de 25 milliards de DH. Dans le non coté, les bons du Trésor et les titres garantis par l’Etat représentent l’essentiel (193 milliards de DH), suivis des obligations privées (41milliards de DH), des titres de créance négociables (41 milliards) et des titres d’autres OPCVM (15 milliards de DH).

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