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"Eradiquer le sida, ce n'est pas seulement donner un préservatif" (INTERVIEW)

"Eradiquer le sida, ce n'est pas seulement donner un préservatif" (INTERVIEW)
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SANTÉ - Mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030. C'est l'objectif fixé par le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) dans le cadre des Objectifs de développement durable.

Au Maroc, environ 24.000 personnes vivent avec le VIH, mais plus de la moitié d'entre elles l'ignorent. Parmi les populations les plus exposées, les homosexuels, les travailleurs du sexe et les usagers de drogue par voie intraveineuse.

Quel travail le Maroc fait-il pour réduire le taux de prévalence du VIH chez ces personnes dites "vulnérables"? A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée chaque année le 1er décembre, le docteur Kamal Alami, président d'ONUSIDA au Maroc, a répondu à nos questions.

HuffPost Maroc: Que fait le Maroc en matière de sensibilisation et de prévention des populations dites "vulnérables"?

Dr Kamal Alami: Il y a plusieurs types de populations-clés: les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, les travailleurs du sexe, les usagers de drogue par voie intraveineuse et les autres populations vulnérables comme les migrants ou les détenus. Le ministère de la Santé, dans le cadre de son plan national de lutte stratégique contre le sida, définit les populations prioritaires et les interventions qui doivent être mises en oeuvre. Les ONG prennent une part très importante dans la mise en oeuvre, puisqu'elles ont plus de facilité à toucher ces populations, dans le cadre d'approches de terrain et de proximité dans plusieurs villes du Maroc, surtout depuis les années 2000.

Concrètement, quel est le travail des ONG sur le terrain?

Les programmes sont basés sur des approches de proximité, avec des éducateurs, des intervenants, qui vont à la rencontre de ces personnes dans leurs lieux de vie ou de fréquentation. Ils peuvent leur donner des prestations ou leur fournir des moyens de prévention. Ils peuvent aussi leur demander d'aller dans un établissement fixe, le bureau d'une ONG par exemple, pour recevoir d'autres prestations, que ce soit une prise en charge des infections sexuellement transmissibles pour ceux qui en ont, un test de dépistage du VIH, un appui social, ou parfois même un appui juridique. C'est ce qu'on appelle la prévention combinée. Ce n'est pas seulement donner un préservatif, mais un "paquet" de prestations.

Ces personnes évitent parfois les centres médicaux par peur d'être stigmatisées...

Oui, c'est un problème important relevé par les différents programmes nationaux de lutte contre le sida et les ONG et intervenants sur le terrain. Les personnes vivant avec le VIH ou certaines populations-clés peuvent être discriminées au moment d'accéder à un service, y compris les services de santé. Un programme est ainsi prévu pour sensibiliser le personnel de santé et pour améliorer l'accès aux services pour ces personnes.

Le budget consacré à l'aide aux personnes vulnérables est-il suffisant selon vous?

Concernant le budget alloué à la lutte contre le sida en général et aux populations vulnérables en particulier, il y a eu des mobilisations et des financements, notamment du Fonds mondial de lutte contre le sida, qui a appuyé beaucoup de programmes au Maroc depuis 2003. Cela permet de financer les approches de terrain. Les ONG trouvent aussi d'autres financements avec d'autres partenaires, ce qui permet de mettre en place des programmes. Mais bien sûr, ils ne sont pas suffisants. Pour pouvoir arriver à éradiquer l'épidémie du sida d'ici 2030, il faudrait plus de financements.

LIRE AUSSI: Lutte contre le sida: Où en est le Maroc?

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